Dimanche et lundi prochains, les Italiens votent pour élire un nouveau gouvernement. Il n'y a pas si longtemps que cela, ils avaient pourtant choisi Prodi... Mais sa majorité était tellement ténue qu'un ultime vote de confiance a eu raison de lui et de son gouvernement un peu trop large (au niveau du spectre politique). Les deux favoris sont à ma droite l'irremplaçable Silvio Berlusconi (c'est qu'il est tenace celui-ci!) et à ma gauche Walter Veltroni. Il y a deux mois, les sondages donnaient le centre droit ultra-vainqueur mais Walter a réussi à réduire l'écart avec une campagne volontaire. Néanmoins personne ne jouerait un seul centime sur sa victoire... La faute à l'abstention selon lui. Mais qui blâmait lorsqu'on peut voir les mêmes têtes depuis 20 ans sur les affiches ? Certainement pas le citoyen Italien. Qui plus est, il a été dit un bon nombre de fois durant ces deux mois de campagne que les deux programmes étaient quasi-identiques. En Italie aussi, la fameuse expression culo e camicia (cul et chemise) existe !

On ne peut pas dire, non plus, que les deux mois de la campagne aient été folichons. L'humeur était à celui qui ferait les plus grosses promesses (intenables selon les dires des analystes politiques) : quelques milliards par-ci et quelques milliards par-là, ça ne peut pas faire de mal ! Oui, mais il faut quand même les trouver ces milliards justement... Un thème majeur a été le rachat d'Alitalia par Air France - KLM et les négociations entre Spinetta et les syndicats. Le plan de rigueur et les pertes d'emploi annoncées sont jugées inacceptables et indignes par les syndicats. La patate chaude atterrira sur le bureau du président du conseil à peine les élections passées... Soi-disant, Berlusconi aurait plusieurs entrepreneurs dans sa manche qui seraient d'accord de reprendre Alitalia (sans évidemment supprimer les emplois)... Evidemment tous ces possibles repreneurs étaient restés muets pendant les derniers mois et lors des appels à candidature... Finalement leur plus gros effort fut d'essayer de s'émanciper des petits partis en ne faisant pas d'accords et en appelant surtout au vote "utile" (c'est à dire voter pour eux ;-) Ils sont en passe de réussir même s'ils auront 13 autres adversaires (dont certains sont très peu recommandables !).

Tout cela semble bien loin des préoccupations des Italiens et la grogne monte en leur sein. Le non-renouvellement de la classe politique les partage entre désintérêt et colère. Ces deux sentiments se cristallisent autour de l'impossibilité d'émettre une préférence pour un quelconque candidat comme ils en avaient l'habitude. Non cette fois-ci, ils voteront pour un parti politique et une tête de liste, et les députés seront choisis par la suite par les partis. Difficile de se renouveler dans ces conditions... Face au ras le bol du peuple, certains prédisent déjà une durée de vie de 2 ans maximum au prochain gouvernement