Contrairement à la vision classique du sud de l'Italie, la région semble riche et généreuse, avec ses collines et verdoyantes qui s'achèvent en plages de sable fin ou en falaises ourlées d'une mer qui décline tous les bleus. Implantations balnéaires ou criques sauvages, minuscules ports de pêche ou rades industrielles, la côte omniprésente, reste celle de toutes les ressources et de tous les échanges. Côté terre, ce sont les oliviers et les vignes, les champs de terre rouge cernés de murets de pierre sèche, d'où émergent les toits coniques des trulli.

Histoire et expressions artistiques

Les Pouilles furent assez longtemps ignorées des voyageurs curieux de la culture et des paysage italiens classiques. Pourtant le talon de la botte est depuis de millénaires, avec ses 800 km de côtes, un point de rencontre entre occident et Orient, au gré des départs et invasions. Tous laissèrent leur empreinte dans la culture et les coutumes, l'architecture ou les symboles. A la faveur des croisades, les ports de l'Adriatique deviennent le point d'embarquement des chevaliers et des pélerins. Cette pointe extrême de l'Europe du sud fut dominée, entre autres, par les pouvoirs continentaux qui y voyaient un ancrage idéal pour leurs conquêtes orientales. De la Grande-Grèce aux Romains, Lombards, Normands, Souabes, puis Angevins, Aragonais et Bourbons, tous ont modelé l'histoire, l'art et la culture des Pouilles. Si le style gothique, importé de France, a peu marqué l'architecture religieuse, il est, en revanche, bien représenté dans les constructions civiles, notamment de nombreux châteaux comme le Castel del Monte. Quant à la domination espagonle, du XVIe au XVIIIe siècles, assortie de la puissance des ordres religieux, elle favorisa l'heureux mariage de la pierre blonde et d'un baroque échevelé comme à Lecce.

Un développement difficile

Les "grandes oeuvres" de Mussolini n'ont pas inversé le désiquilibre économique qui coupe l'Italie en deux. Le développement ne s'opère qu'en dents de scie, avec des secteurs dynamiques (transformation des produits issus de l'agriculture) et d'autres en constant fléchissement. Le ralentissement de la croissance, depuis la fin des années 1980, a engendré des difficultés importantes. Dans une région dont l'économie dépendait grandement des aciéries, une réduction des effectifs a pesé sur les activités satellites, et de nombreuses PME sont entrées en crise. Dans les années 1990, une forte immigration de l'Albanie et de la Serbie puis des pays du Maghreb ont freiné sa relance économique car le taux de chômage était déjà élevé. Aujourd'hui ces flux migratoires ralentissent à peine et la relance économique de l'Italie est toujours différée, ainsi la marge de manoeuvre reste étroite.